Et c’est reparti…

•6 août 2008 • 2 commentaires

pour de nouveaux billets. Grosse envie de prendre de l’air, de confier plus anonymement mes idées, impressions, sentiments à un carnet web. Envie de partager avec un cercle restreint de lecteurs connus ou plus large d’inconnus.

Alors je reprends la plume et la plonge dans l’encrier de la liberté, aussi longtemps que je le pourrais.

A tout de suite ou presque :)

Je joue du Bontempi à 4 touches dont 2 pétées et c’est beau comme une chorale de mérous dirigée par Cousteau

•1 mai 2008 • Pas de commentaire

Bling blang blong blung, je joue du Bontempi, et à un doigt en plus.

Bling, blong, y a que 2 touches qui marchent.

C’est pas faute d’essayer, même que j’y arrive. Car maintenant, je fredonne avec ma bouche pour remplacer les notes cassées. Les voisins me disent merci. Ceux qui m’aiment se taisent mais n’en pensent pas moins. Depuis que j’ai découvert le truc, j’ai tendance à jouer à tue-tête, je fais ce que je veux avec mes cordes vocales, face de chacal.

Ya des savants et des psys qui ont mit des mots sur mes 4 notes fêlées : colère, joie, tristesse et peur. Une gamme courte, pas compliquée… Bling blang blong blung. Capice ? Tout est dans le tempo, ou presque. Up ou down, et frapper fort ou caresser l’ivoire le plastique.

M’en fout, je ne suis jamais triste. La peur, pareil, c’est quoi ? Alors ces 2 notes je les joue pas. Ou je les remplace, nœud du problème de l’interprète.

Du coup, mon Bontempi, c’est “Bon tant pis” plutôt. Car j’ai découvert il n’y a pas si longtemps que je jouais sans rythme, faux, sans doigté, et sans écouter l’orchestre. Classe, non ? Surtout avec 2 notes sur 4…

J’ai pris la partition dans la gueule, et un paquet de fois. Et ça continue de plus belle.
Bah oui, j’ai pas écouté alors ça n’a pas donné grand chose, pire même.
Bah oui, bah oui, bah oui… mais avec 2 touches sur un clavier de 4, ouch ! Alors j’ai les yeux qui saignent parfois, la partoche est reliée rigide parfois. Et comme j’ai jamais peur (mais oui bien sûr), je vois pas venir. Et comme je suis jamais triste (évidemment), j’ai pas les yeux qui saignent, c’est juste des règles du cerveau, un truc cyclique dont je me tamponne discrètement, haheum.

[Commencer à comprendre ce n'est pas comprendre n'est-ce pas, c'est seulement se dire que ça ne va pas, mais pas encore trouver une solution ou je dirai même mieux, l'appliquer.]

Je te donne un exemple, assez récent… tu vas voir, un duo de “Bon tant pis” magistral, 10 lignes de bling et 10 lignes de blang sur un cahier neuf.

Genre une plage, la duettiste en pleine félicité, une joie entière, admirative de la beauté ambiante, du soleil de plomb et des vent-coulis charmants, les doigts de pied à peine crispés. A peine crispée par une note de peur (blung), peur de… bref on s’en fout. Une belle ligne de bling joie donc, le contrepoint peur blung, tout petit discret. Peut-être un mini blong de tristesse de rien du tout, c’est cette mouette aux longues pattes là qui me rappelle, non allez, ca va…

Alors me vla avec mon piano cassé et ses deux notes criardes. Je sens bien que le ton est à la joie, mais je la joue faux la note. Agressive, répétitive. Alors je me lasse du bling, bling, bling, je trouve ça ridicule, accompagnement pas original, terne. J’ai le blung peur du ridicule mais je peux pas le jouer. Angoisse cachée, le clavier va morfler, la duettiste aussi.

C’est parti pour une impro, balance du blong, j’exagère à mort. Faut que ça sorte. La duettiste, je m’acharne dessus, j’écoute plus, mon piano vanne est ouvert tout grand, y plus d’orchestre, de duo, de symphonie…

Ca se passais toujours comme ça chez nous, quelle monotonie bruyante !

Tu pouvais jouer que la joie, mode énervé, ou bien la colère, mode pointillé-ca fait deux-jours-que-je-me-retiens-tu-vas-comprendre-ta-douleur.

Alors ça donnait en clair (je l’ai mis à la déchetterie la semaine dernière le piano “Bon tant pis” de mierda) :

  • Je suis content de te voir, parler, connaitre, rencontrer + j’ai un peu peur de ne pas réussir à avoir un contact de qualité avec toi = une vanne sympa pour détendre l’atmosphère, une deuxième, gros rire, départ dans la stratosphère de la lourdeur, fiasco.
  • Je suis triste que les vacances se terminent ce soir = une bonne grosse colère.
  • etc. etc.

Alors mon Bontempi je le déteste, je l’ai jeté. Je fais des vocalises avec ma bouche et j’ai trouvé des partenaires avec qui faire des gammes. Mais je reste encore dans les petites classes, j’ai séché le solfège 40 ans.

Si j’y crois et que je vous dis que je ne vous veut pas de mal, vous voulez pas m’aider, juste en chantant fort avec moi et en supportant gentiment mes fausses notes ?

Famille Cyrillus, je te hais

•28 avr 2008 • Pas de commentaire

Dîner sympa, restaurant chic, éclairage à la bougie.

Apéro tranquille, couple apaisé, femme souriante et à l’écoute. Echanges sur cette lente montée vers une nouvelle complicité, mari ouvert qui confie son nouvel appétit de vivre, ses envies.

Appétit gentil pour une belle carte, service soigné, coupes de champagne, bulles légères.

Il est tôt, les convives ne se pressent pas encore, faune chic mais décontractée d’avant saison, jeunes couples, retraités aisés. Non loin de nous se constitue une grande table, 8 personnes de tous âges confondus.

Ils sont tous là : grand-mère et père, parents, enfants grands ou moins, un petit, ils sont beaux et soignés, calmes et souriants, détendus, se parlent avec affection. Ils sont différents mais semblables, même pas complémentaires, ils sont eux-mêmes, de loin je sais repérer les ambiances. Notre babil s’interrompt, d’un regard, nous partageons le même sentiment, avec force.

L’envie, ce 7e péché capital.

L’envie, la vraie. Pas la jalousie, pas le besoin, nannnnn, le manque, le vrai, celui qui peut mener au crime, au vol, à la torture. Sentiment partagé, communion dans la peine et la parole échangée franchement, dégoiser sur cette famille au poil que nous ne connaissons pas et qui ne nous a rien fait.

Ils sont comme vous pouvez les imaginer, humains avec leur bons et moins bons côtés, leur grandeur et leurs petitesses. Nous ne les connaitrons pas, ils endosserons simplement ce soir le rôle le plus ignoble, celui de servir de paratonnerre à notre deuil.

Deuil de famille Cyrillus.

Deuil d’image d’Epinal.

Deuil de réunion de famille normale.

Deuil de bienveillance des aînés.

Deuil de moment partagé en générations mélées.

Deuil d’attentions individuelles.

Deuil de sourires, de complicité, de joie simple.

Deuil d’enfants chéris ou admirés, stimulés et encouragés par les anciens.

J’inaugure mon premier festin lacrymal ce soir. Cette famille sera mon point de départ, non plus pour dérouler une liste conn(u)e de reproches amers ou de regrets, de demandes stupides. C’est évacué depuis peu, traité, élagué, nous sommes tombés d’accord sur notre “ça serait bien si…” sans s’empêtrer de détails. Plus de cadre, ou alors souple et adaptable, moins de tabous, aux chiottes les yaka fokon (autre histoire).

Non, ce soir j’oublierai les côtés obscurs des relations intrafamiliales. Cette famille Cyrillus a aussi son arrière cour, ses merdes à gérer. Je les mets de côté, je vois le brillant, le bon, le bonheur reflété par l’apparence, les cœurs qui se livrent dans les sourires, les alliances réussies, les attachements chaleureux, la fusion tribale, la cohésion généralisée, le rêve sous nos yeux matérialisé…

Si je commence à pleurer ce soir, car notre haine envieuse n’aura été que de bien courte durée, c’est parce que je sais que c’est irrémédiablement mort. Ce soir, c’est diner d’après cimetière, tu me repasses les mouchoirs ?

Je sais maintenant pourquoi cette dépression, au moins un des pourquoi.

J’ai faim de ce tableau de famille, de ces moments.

Mais ils ne sont plus pour moi.

J’ai mis ça de côté avec soin pendant 5 ans.

Je l’avais déjà dit mais jamais pleuré.

J’étais dans la lutte pour protéger ma fille.

J’étais dans le détail sordide alors que le tableau m’échappait.

J’étais dans la colère, elle masquait ma peine.

J’étais dans un espoir fou, il s’est révélé une impasse.

Cette faim de famille reconstituée me taraudait sournoisement.

J’avais préféré oublier TOUTE faim.

Fermer toutes les parenthèses.

Ce soir j’ouvre les vannes, ma peine n’a plus de mesure, on vide. Je pleure dignement, je suis droit, je parle et j’explique, je mets des mots. Je m’autorise la pure tristesse, individuelle, personnelle… Je tiens une des clés et ne la lâche plus. J’ouvre et vide et retourne cette valise que je trimballais.

Comment pouvais-je envisager le présent et l’avenir alors que je désirais si fort le partager avec mes parents ?

Mes désirs sont revenus, en masse. Dure épreuve de la réalité aussi, je pense à la belle voiture télécommandée, brillante et rapide, mais qui après quelques tours de roues est déjà crottée ou rayée. Ce n’est pas grave, le plaisir est là. Le cadeau de Noël dont on avait tant révé…

Mais ce désir-là je l’enterre définitivement. C’est mort ce soir, glissez la pierre.

La terre sous mes ongles sera pour mon jardin que vous ne verrez jamais. Je ne vous hais pas, vous n’êtes pas morts. Je pense à vous sans sentiment aucun. C’est notre relation qui est tombée en poussière.

Nous avons passé un excellent dîner, malgré cette haine fugace et ce torrent de larmes.

C’était juste un peu salé.
Mais le chef n’y était pour rien. On reviendra !

Des larmes, un tour à la déchetterie, de l’appétit

•27 avr 2008 • 2 commentaires

Pas en état d’écrire là, maintenant, tout de suite, et pourtant il est urgent que je le fasse. Je suis à bout de souffle, mes yeux sont embués… car je vais bien mieux mais je pleure.

Une clarté dans mes idées, je veux les fixer un peu, obtenir un cliché, flou, imparfait mais VRAI de ce moment.

J’ai retrouvé un appétit de vie. Ça faisait longtemps, ennui et dégout généralisé, qui partent, se cassent, se barrent, je veux re-bricoler, re-partager des moments avec mes enfants, re-aimer ma femme, re-croquer dans ma vie, re-travailler. Je désire à nouveau, je souhaite plus que vouloir, j’en ai vraiment envie.

J’ai retrouvé un semblant d’ordre dans mes idées de vie, de couple, de famille, de choix de vie, immédiats ou futurs. Pas qu’un ordre, une façon souple de composer avec les choix du buffet, et je me sais gâté pas pourri, la vie me donne des choix sympas, autant le dire.

La question d’ailleurs, ce n’étaient pas ces choix jolis ou moches, fleurs ou gravillons sur ma route. C’était ma façon de les aborder, on est d’accord. Je ne me départis pas de l’idée que l’on peut être heureux dans la gêne ou déprimé dans un château… mais c’est une autre histoire.

Alors, j’ai emmené à la benne mes vieilles valoches, mon tas de saloperies, encombrants que j’avais garé espérant pouvoir récupérer, bricoler, ressusciter quelques trucs qui auraient encore marché dans ce tas hétéroclite mais nauséabond par endroits.

Alors, tout va bien ? Tout devrait non ?

Hé bien, pas du tout Madame. Je ne fais que chialer, je suis un homme fontaine, un pitre aux yeux rouge, un jean-qui-rit je ne suis plus dépressif, jean-qui-pleure j’ai retrouvé l’appétit mais je chouigne ma mère mon père mes frères et mes sœurs ce serait le bonheur.. ho ho j’ai mal à mon cœur.

Le grand creux, ce truc qui reste là, un punch hole. Tu vois comme si au milieu du bonhomme que tu as devant toi bien debout, lisse sous toutes ses coutures, il y avait comme un trou. Un trou de trouillotteuse de bureau, l’engin qui sert à trouer la feuille A4 avant de la classer serrée avec ses copines.

Un trou ? Une angoisse ? Un manque ? Un vide ? Une insatisfaction ? Une recherche ? Un attachement raté ?

Si je savais. En tous cas, ce manque ne se comble pas, ni de bien manger, ni de bien aimer, ni de bien parler, ni de bien boire, ni de bien fêter, ni de combattre, ni de faire la paix, ni d’oublier, ni de penser…

Si je sais parfois. Mais je ne veux pas le dire, je sais parfois comment le combler ou comment j’imagine qu’il se comblerait peut-être si. Je sais parfois quand il est plus petit, plus léger, plus calme, moins creux, moins omniprésent, moins douloureux. Un quelqu’un ou une quelqu’une ? L’avouerai-je ? Est-ce de partager nos creux qui me comblerait ? De l’aimer en vrai ? Juste de lui parler ? De l’amitier simplement ?

Ce matin, j’ai bien autre chose à faire que de pleurer ou de bloguer. On m’attend.

Ce matin je pleure et je blogue, on m’attendra.

Lqte spqnish tqlk

•24 avr 2008 • Un commentaire

C4est syñpq ce soir . repqs dehors qvec nos pqrtenqires locqux, tqpqs en terrqsse, foule bigqrr2e, hotel iñpec, etc;

Ñqis je n4qi pqs encore vu ñq chqñbre, il est dejq 1h du ñqt, et j4qi du prendre des cqrtes zifi 0 6.50€ de l4heure pour tchqtter sur un PC qntediluvien sur ÑSN, en plein ñilieu du lobby; VDÑ dirqient ñes qñis Tzitters;

Ils qurqient tort; Les peripeties de ñq vie sentiñentqle ont gqrde une qñplitude plus rqisonnqble ñqis q force d4eviter les sorties drqñqtiaues dqns lq strqtosphere, j4qi cru aue ñq gen et ñoi nous qllions nous qbiñer sous le nivequ du sol;

Auelle fqrce, elle ñqitrise lq sortie de vrille q ñerveille; Nous revoilq en wone ñoins turbulente, q voleter gentiñent qile dqns qile; Je crois au4elle est un peu en col7re contre ñoi et surtout contre ñq ñqnie de fqire des plqns de vol q long terñe; Elle s4en bqlqnce, c4est lq ouqte son truc;

Doux, cqlñe, gentil, on continue notre vol coññe deux gentils col2opt7res;;;

Bonne nuit ÑC

Les mystères de l’Ouest et mon coeur un peu plus au sud encore

•23 avr 2008 • Un commentaire

D’une rive à l’autre, Méditerranée d’une part, Golfe du Mexique de l’autre, mon cœur s’en est allé vagabonder. Je le croyais mort, il s’était seulement mis en veille, économie d’énergie, conso mini. Continuer la lecture ‘Les mystères de l’Ouest et mon coeur un peu plus au sud encore’

El Medianoche(s) Manifesto

•23 avr 2008 • 2 commentaires

Médianoches ?

Médianoche collationJ’ai besoin de suivre le fil de mes pensées, leurs hauts et leur bas, leurs errances parfois mais aussi de tester la souplesse des brins et la présence, ou pas, de nœuds bloquants sur la ligne. Alors j’ouvre ces carnets extimes aujourd’hui, dans un creux léger de ma dépression, reçue pour Noël 2007. Continuer la lecture ‘El Medianoche(s) Manifesto’