Des larmes, un tour à la déchetterie, de l’appétit

Pas en état d’écrire là, maintenant, tout de suite, et pourtant il est urgent que je le fasse. Je suis à bout de souffle, mes yeux sont embués… car je vais bien mieux mais je pleure.

Une clarté dans mes idées, je veux les fixer un peu, obtenir un cliché, flou, imparfait mais VRAI de ce moment.

J’ai retrouvé un appétit de vie. Ça faisait longtemps, ennui et dégout généralisé, qui partent, se cassent, se barrent, je veux re-bricoler, re-partager des moments avec mes enfants, re-aimer ma femme, re-croquer dans ma vie, re-travailler. Je désire à nouveau, je souhaite plus que vouloir, j’en ai vraiment envie.

J’ai retrouvé un semblant d’ordre dans mes idées de vie, de couple, de famille, de choix de vie, immédiats ou futurs. Pas qu’un ordre, une façon souple de composer avec les choix du buffet, et je me sais gâté pas pourri, la vie me donne des choix sympas, autant le dire.

La question d’ailleurs, ce n’étaient pas ces choix jolis ou moches, fleurs ou gravillons sur ma route. C’était ma façon de les aborder, on est d’accord. Je ne me départis pas de l’idée que l’on peut être heureux dans la gêne ou déprimé dans un château… mais c’est une autre histoire.

Alors, j’ai emmené à la benne mes vieilles valoches, mon tas de saloperies, encombrants que j’avais garé espérant pouvoir récupérer, bricoler, ressusciter quelques trucs qui auraient encore marché dans ce tas hétéroclite mais nauséabond par endroits.

Alors, tout va bien ? Tout devrait non ?

Hé bien, pas du tout Madame. Je ne fais que chialer, je suis un homme fontaine, un pitre aux yeux rouge, un jean-qui-rit je ne suis plus dépressif, jean-qui-pleure j’ai retrouvé l’appétit mais je chouigne ma mère mon père mes frères et mes sœurs ce serait le bonheur.. ho ho j’ai mal à mon cœur.

Le grand creux, ce truc qui reste là, un punch hole. Tu vois comme si au milieu du bonhomme que tu as devant toi bien debout, lisse sous toutes ses coutures, il y avait comme un trou. Un trou de trouillotteuse de bureau, l’engin qui sert à trouer la feuille A4 avant de la classer serrée avec ses copines.

Un trou ? Une angoisse ? Un manque ? Un vide ? Une insatisfaction ? Une recherche ? Un attachement raté ?

Si je savais. En tous cas, ce manque ne se comble pas, ni de bien manger, ni de bien aimer, ni de bien parler, ni de bien boire, ni de bien fêter, ni de combattre, ni de faire la paix, ni d’oublier, ni de penser…

Si je sais parfois. Mais je ne veux pas le dire, je sais parfois comment le combler ou comment j’imagine qu’il se comblerait peut-être si. Je sais parfois quand il est plus petit, plus léger, plus calme, moins creux, moins omniprésent, moins douloureux. Un quelqu’un ou une quelqu’une ? L’avouerai-je ? Est-ce de partager nos creux qui me comblerait ? De l’aimer en vrai ? Juste de lui parler ? De l’amitier simplement ?

Ce matin, j’ai bien autre chose à faire que de pleurer ou de bloguer. On m’attend.

Ce matin je pleure et je blogue, on m’attendra.

~ par medianoches sur 27 avr 2008.

2 Réponses to “Des larmes, un tour à la déchetterie, de l’appétit”

  1. J’ai relu, beaucoup de choses jetees a la hate dans ce post. Debarasse, jete, classe, enterre.
    Le reste des interrogations, laisse venir, on saura.
    Et ce creux que je connais si bien …
    Drôle que tu mettes ton dos ici. Beau.

  2. Somehow i missed the point. Probably lost in translation :) Anyway … nice blog to visit.

    cheers, Phosphorescently.

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